Monday, June 20, 2016

"Call me later" ou le Lodgio Manifesto


Éminent confrère, et membre à part entière du cercle lodgien, le très politisé 6stemic a récemment publié un montage de skate de rue que nous aimerons saluer : "Call me later". 

En effet, ce montage convoque tous les aspects du skateboard que nous apprécions, et dont nous avons jugé bon de vous faire la liste. Plus qu'une simple liste, cette énumération pourra même devenir le Lodgio Manifesto qui devra systématiquement être affiché sous la board de chaque skateur qui s'y soumet.


Le Lodgio Manifesto

 


Le skate, c'est comme dans la "Call me later", c'est :
  •  des moments d'échanges de propos amicaux avec des individus plus ou moins en état d’ébriété qui partagent la même passion.
  • des esprits indépendants avec leur propre leust refusant la standardisation imposée par les médias skateboardistiques avec une fougue proche de celle de BHL.
  • des crews qui se mélangent et partagent leur culture (des gens qui sautent haut et loin avec des gens qui sautent moins loin et moins haut, ou alors des gens qui écoutent du reggae avec des gens qui écoutent du dance-hall, en gros).
  • une conception de l'hygiène sans complaisance pour les tissus olfactifs.
  • une spontanéité devant la caméra proche de celle de Jean-Claude Van Damme, d'où la difficulté à cadrer les footages.
  • des gens qui restent sur le même spot pendant 4h en répétant "On bouge ?" toutes les 5 minutes, et ce, jusqu'à l'heure de rentrer.
  • des gens qui décident d'aller acheter une cannette quand on avait enfin décider de bouger. 
  • des gens qui ont déjà acheté une cannette avant d'avoir commencé à skater (et l'ont déjà bue).

Tuesday, June 14, 2016

Haters gonna hate - L'article de la hate #1

 Cet article est le premier d'une série entièrement consacrée à la hate, une activité ludique et trop souvent victime de préjugés. Bonne lecture.

Le nouvel étendard de la droite décomplexée

Par le plus grand des hasards, l'actualité récente du team DGK nous a amené à tomber sur ce slogan collector qui est devenu une sorte d’étendard pour la marque : Haters are my motivators ou  encore Haters gonna hate.
Il semblerait que cette phrase, largement adoptée par des skateurs ayant fait des choix "radicaux" dans leur carrière, ne soit pas simplement anecdotique. A contrario, il semblerait qu'elle soit symptomatique d'un basculement d'un partie du skatorat dans ce que les commentateurs politiques appellent la droite décomplexée, aussi connue dans la skatosphère sous le sobriquet "d'enculés et fiers de l'être".

Pour revenir à DGK, qui en premier a brandi ce slogan, rappelons qui composait leur team il y a quelques semaines de là :


Keelan Dadd : ce ghetto-embassador est tout de même accusé de détournement de mineur, dont le meilleur ami a 15 ans, qui s'auto-appelle "switch god" sur les réseaux sociaux, et adepte des switch double heel flips,  sûrement le trick le plus dégueulasse répertorié (et pourtant, c'est un amateur d'anti-smith qui vous parle, c'est pour vous dire).


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Steven Hernandez : un gamin de 15 ans principalement connu pour ses vidéos Youtube où il cherche à faire des attouchements à des meufs, qui a été élevé dans un environnement particulièrement sain peuplé de skatos pas mysogines pour un sous mais amateurs de strip-teaseuses, ce qui l'a naturellement conduit à être accusé de détournement de mineur récemment avec son homie.
Lenny et Stevie : ambassadeurs du gangsta-skate, qui consiste à confondre le skateboard avec une activité criminelle, et donc à penser qu'elle confère une certaine dangerosité dans la jungle urbaine. Ci-contre, ils utilisent leur skateboard comme des mitraillettes, histoire de filer la métaphore. "Pan, pan, chiozo", crient les teenagers du skatepark (qui ont plus de 20 ans maintenant).
Heureusement, Stevie a trouvé son sauveur (l'entrepreneuriat) et rejoint le droit chemin (et rangé son skate).





Après cet exposé clair et concis, revenons donc à la pertinence de fameux slogan. Il témoigne d'une volonté évidente d'assumer des choix de vie radicaux et merdiques. Cependant, à la défense de ces haters, forcément que "Haters gonna hate" quand on fait des choix pathétiques de merde, qu'on baise des mineures ou qu'on se prostitue sur les réseaux sociaux pour grater 3 pauvres likes de teenagers couverts de pustules avec un selfie dans ses toutes dernières sneakers faits par des philippins de 8 ans.

Cet engagement dans la radicalité témoigne d'une affection grandissante dans l'industrie du skate pour la droite décomplexée. La plupart des acteurs de la skatosphère qui piètinent la culture qui les a forgé, le font très souvent en tout âme et conscience. Par conséquent, afin de légitimer leurs viles actions, ils se prémunissent d'une sorte de sécurité qui serait censé décrédibiliser toute tentative de s'élever contre eux : "Oui euh..., avant de vous présenter mon grand projet de co-branding avec Carrefour, j'aimerai quand même vous dire que Haters gonna hate, donc allez pas vous étonnez, hein..."


Emmanuel Macron, lui aussi, victime de la hate...
Ainsi par une pirouette rhétorique, les actions les plus basses se retrouvent justifiées et hors de portés des critiques. Quant au hater, jadis justicier des valeurs du skate-game, il se retrouve relégué au rang de réactionnaire et ne peut que se contenter de ronger son frein en voyant apparaître des logos Nike, Adidas, etc. à peut près dans tous les espaces (réels ou numériques) qui n'ont pas été recouverts par un sticker...



Thursday, June 9, 2016

Le jour le plus triste - Lenny Rivas off DGK

Jour terrible pour l'histoire du skate que ce 9 Juin 2016. En effet, Lenny Rivas nous fait part de sa démission du team des Sales Enfants du Ghetto. Après avoir contribué si largement à l'image sobre de la marque et avoir arboré la moustache la plus ridicule du skate game (un peu comme celle de Lou Bega), Lenny quitte donc DGK pour des raisons salariales.
Merci la traduction.


Un dramatique évènement qui nous enseigne somme toute quelque chose de crucial. Il semblerait en effet que faire du graffiti de merde en se prenant pour gangster et sortir des parts pourries tous les 10 ans ne soit pas suffisant pour  maintenir la DGK-life et les devises en grandes quantités que cela requiert.

"Holler at you boy !", dit-il avant d'aller en garde à vue.
Les devises, c'est Stevie qui les distribue chez DGK.  Pro skateboarder Stevie Williams, désormais "entreprenooour" (prononciation à l'américaine), n'est d'ailleurs par le dernier pour nous sabrer les couilles avec son "succès", sa "carrière" et son "potentiel" dans des interviews où il pond 4 mots à la minute tellement ça lui prend de temps de choisir parmi ce vaste champs lexical du libéralisme. Mégalomanie quand tu nous tiens, le mec a quand même plus de footage de lui en train du raconter son success que sur un skate.

Après avoir été l'un des skateurs les plus G, c'est non sans effarement que nous nous devons de constater que sa street cred est proche de celle d'Emmanuel Macron. 

Mo' money, mo' problems qui disaient...


Wednesday, June 8, 2016

Guru Khalsa a un business plan



Guru Khalsa n'a plus de sponsors, il a une longue barbe et poste des vidéos sur l'hindouisme dont tout le monde se branle sur son site tout bizarre (http://www.wakerobins.com/information/). Et pourtant malgré les apparences, il semble avoir un business plan aussi affuté que la faucille avec laquelle il récolte le chanvre. Parce que lorsqu'on regarde les clips de skate qu'il a eu l'idée de poster dans un rare moment de lucidité, on est presque tenté d'acheter ses t-shirts unis pourraves en papier crépon.

T shirt "Himalaya" gris. L'URL de la photo indique T shirt "mushroom", ça m'étonne qu'à moitié... Sans doute le seul t-shirt du stock qui n'avait pas de tâche. Il vaut bien ses 30$.
Toujours est-il que ça fait bien plaisir de le voir, parce qu'il envoie du leust et du spot bien dégueu. Ça rappelle les jours de gloire d'Habitat quand le man bum faisait foi. Allez, une dernière pour la route...


Tuesday, October 6, 2015

Ressortir avec son ex ou la mini-part de Danny Garcia


En cette matinée où il fait bon rien branler, la page Facebook de Sml. Wheels fait la promotion d'un full clip (selon leurs termes) de Danny Garcia, via un alléchant teaser de 15 secondes. Émulation en salle de réunion, chacun de nos journalistes se rue sur son ordinateur pour prendre connaissance du fameux full clip.

Deux mauvais présages dès l'ouverture de l'onglet, le-dit full clip ne dure que 59s et de surcroit, il est ostentatoirement intitulé "Leisure Wolrd". Et je ne sais pas vous, mais je dois vous avouer que cela faisait déjà quelques temps que l'on se doutait que ce bon vieux D-Gar était passé en mode loisir, du genre je sors la planche qu'après les longs repas de famille pour faire 2-3 pogos histoires d'épater les oncles.

Et c'est là que ça nous a frappé : regarder une part de D-Gar, c'est un peu comme ressortir avec son ex. Le genre d'ex qui nous a fait du mal mais qu'on a toujours des difficultés à repousser. En somme, D-Gar c'est un peu Dylan de Beverly Hills qui viendrait sonner à notre porte un vendredi soir de solitude.

Hey baby, wanna go for a ride ?
On sait que c'est mauvais pour nous, on est déjà retombé dans le panneau et ça n'a rien donné de bon. Donc sur ce coup-là, on le voit arriver à des kilomètres : "Non jeune homme, tu ne m'auras plus avec tes chemises ajustées et tes switch flips affutés. Désormais je suis fort et indépendant !"

Je suis fort et indépendant ... mais doux Jésus, quel leust !
Tentative de rébellion avortée pour nos reporters qui ne tardèrent pas à sortir de leur bureau le regard énamouré. Les lines de D-Gar, aussi simples et épurées soient-elles, sont venues à bout de la déontologie de nos journalistes. Le 3-6 flip est toujours d'une élégance insolente, le curb-game est toujours là et le cuissot est fuselé à souhait. Pour conclure, nous sortons de ce visionnage partagé entre l'extase d'un coït brutal et le sentiment éhonté d'avoir été utilisé pour un vulgaire quickie avec une homme que nous ne reverrons pas de sitôt que nous sortons de ce visionnage.

Monday, October 5, 2015

Cours de skate à l'ENA ou la skate-culture bradée

L'ENA propose désormais des cours de skate facultatifs au programme depuis Septembre 2015.

La très prestigieuse École National de l'Administration (ENA), qui a vu passer dans ses halls de nombreuses figures politiques d'hier et d'aujourd'hui, a récemment fait le choix surprenant d'intégrer des cours de skateboard dans son programme.
Une décision qui peut prêter à sourire lorsqu'on connaît la nature parfois rétrograde des enseignements qui y sont dispensés : lettres classiques, arithmétique, apprentissage du morse, connaissance de l'environnement administratif français, maîtrise de l'assortiment bretelles/porte-chaussettes, pilotage de Citroën DS, etc.

Bernard Montiel, professeur de skate : "De nos jours, les aspirants politiques doivent être à même de maîtriser les codes de la société contemporaine : réseaux sociaux, culture du buzz et... skateboard."
Après avoir soutenu sa thèse sur le mouvement des skateurs décolorés en blond, Bernard Montiel est entré dans les rangs des enseignants de l'ENA où il forme désormais le futur de la nation.
En tant que professeur de skateboard, spécialité urbaine, il nous explique la raison de ce choix, dans un phrasé directement issu de la skate-culture : "De nos jours, le pouvoir passe par la maîtrise les codes sociétaux. Tweeter, Facebook, Instagram, si vous les maîtrisez, vous êtes là. Au même titre que les réseaux sociaux, le skate est l'un de ces codes. C'est une marque de coolitude. En tant que skateur, que vous soyez tech ou hesh, vous êtes en place. Oklm."

Mécanique bien huilée, la rhétorique de Bernard Montiel est implacable et montre bien les enjeux qu'un passe-temps aussi innocent que le skateboard peut en réalité soulever. C'est précisément ce côté "savamment calculé" que dénoncent certains critiques de skateboard. Ainsi, Yves Noël, journaliste de skate accuse : "Avec l'intrusion du politique dans le skateboard, c'est toute la skate-culture qui se retrouve bradée et souillée ! Il n'y a plus de place pour l'authenticité."

Invité de marque, Alex Olson même est venu enseigner l'art du skitching au jeunes énarques qui ont choisi l'option skate underground.

En effet, même les plus irréductibles milieux du skate ont été infiltrés dans le but de percer et d'étudier leurs us et coutumes. Bernard Montiel s'explique : "Pour préparer mes cours, je me suis immergé dans la skate-culture. J'ai chillé avec le crew underground Magenta, j'ai sauté des palissades de maison avec les Backyard Bandits pour skater des pools, j'ai ruiné ma garde-robe à la javel avec le team Welcome, etc. Grâce à ces connexions, j'ai pu faire appel à des invités de marque pour venir dispenser leur savoir à mes étudiants, comme Alex Olson par exemple".

A la fin de leur curriculum, les énarques se voient remettre un diplôme à part pour le skate. Gage de leur maîtrise des codes skateboardistiques, ce diplôme est avant tout un passeport pour pouvoir intégrer n'importe quel groupe de skateurs et jouir de leur street-cred (crédibilité issue de la fréquentation de la rue), formidable outil de communication en politique.

Deux jeunes énarques, qui ont un peu trop pris leurs cours au sérieux, se font remettre leur diplôme par Marc Haziza en personne.
Un bémol à cet engouement pour le skate à l'ENA cependant :déjà depuis Septembre, certaines dérives liées au skate on été relevées. Plusieurs élèves ont été exclus pour usage de stupéfiants, refus de l'autorité et manquements aux règles d'hygiène élémentaires. Affaire à suivre, donc...

Sunday, October 4, 2015

Le poids des burgers ou réflexion sur la relation exponentielle entre le style et la masse pondérale


Après plusieurs années d’absence du skate-game, hormis quelques furtives apparitions tournoyant la planche à 360° tout en la faisant vriller, le tout en roulant dans le mauvais sens, Johnny Layton a choisi le puissant média qu'est le Berrics pour nous faire parvenir sa nouvelle production.



Cette part présente de nombreux atouts, notamment dans le recours aux figures basiques effectuées sur des terrains périlleux au péril de son bien-être. Mais surtout, elle nous donne l'occasion de réfléchir sur la relation exponentielle entre le style et la masse pondérale. Remarquez comme le léger embonpoint de notre protagoniste accentue son style et donne plus de poids à ses replaques. A chaque trick replaqué, c'est un boom! qui retentit dans notre cage thoracique, sorte de mini-orgasme qui puise ses ressources dans notre appréhension et nos nerfs :  Mais la board, elle va exploser là ?! Non, mais il va s'écraser comme un vieux burrito ?! Mais ses genoux vont voler en miettes, là ?!

En effet, il semble que la surcharge pondérale de J-Lay lui donne une sorte d'inertie, accentuant ainsi l'impact de ses replaques et dramatisant chaque trick. En sorte, elle lui donne plus de poids, littéralement et figurativement. En y repensant, avez-vous déjà ressenti le même émoi à regarder une crevette comme Brian Peacock se balarguer, aussi douée soit-elle ? L'agilité certaine et la dextérité de ces skateurs minces nous confortent dans la certitude qu'ils arriveront à retomber sur leur planche avec la souplesse d'un chat. Pas d'appréhension particulière à chaque trick comme lorsqu'il s'agit d'un lourdau dépassant le quintal, donc pas d'effet de surprise. Les figures restent incroyables, mais envisageables compte tenu de la maîtrise et corpulence du skateur.

J-Lay, nouvelle égérie de la campagne Let's Move !

Même Michelle Obama s'est emparée de ce raisonnement pour sa campagne nationale Let's Move ! contre l'obésité qui fait toujours des ravages aux Etats-Unis. D'abord dénoncée par l'opinion publique parce que trop paternaliste et trop stricte, Michelle Obama a rapidement vu en J-Lay un moyen de rendre l'exercice physique attirant pour les plus enrobés.

Discours d'intronisation de L-Lay en tant que partenaire de Let's Move!
Nous conclurons cet article par l'ambassadeur du mouvement du heavy-weight-skating, Matt Schlagger, qui illustre avec panache la notion de dramatisation de la replaque.