Monday, November 11, 2013

The 11th hour - Où comment le skate britannique regagna ses lettres de noblesse

De la Brit-pop, de la briquette humide et des maigrelets qui roulent sur du gravier, tous les indices semblent confirmer que la vidéo The 11th Hour de Jacob Harris renoue avec le skate britannique et en reprend les motifs qui ont fait ses jours de gloire. Alors que depuis 2-3 ans Palace s'est acharné à dépecer le skate anglais de toute sa poésie déchirante à coups de mauvais gangsta rap, co-branding douteux et autres gros chavs, Jacob Harris a décidé de sonner le glas en braquant sa caméra sur des sujets de Sa Majesté qui ont un œil pour les spots, les pieds rapides et, il est fort à parier, une dentition épouvantable. C'est également avec une bouffée de fierté patriotique et une envie de sortir sa veste LeCoq que l'on peut lire le nom de Sylvain Tognelli sur la jaquette du DVD. Au demeurant, on pourrait appeler cette vidéo "la vidéo Isle", tant le line-up ressemble au team Isle.

Outre ces considérations d'ordre économique, ce qui nous intéresse ici est le fait que la 11th Hour renoue avec la tradition des meilleures vidéos Blueprint ou Landscape. En effet, c'est les joues baignées de larmes et de bières que nos journalistes ont fini le visionnage du DVD, soulagés de voir que le skate anglais pouvais toujours faire preuve de finesse. En outre, depuis une semaine les Kinks et autres Smiths résonnent en boucle dans les couloirs de nos bureaux pendant que nos chers journalistes font la queue devant la bouilloire pour se refaire un thé et adoptent des poses mélancoliques en scrutant la grisaille urbaine ambiante (et les ladies qui la peuplent).

Pub Blueprint, peu avant la chute





Quant aux performances des protagonistes, croyez-le, elles sont plus que louables. Par souci de concision et par flemme, nous nous arrêterons majoritairement sur les parts qui ont suscité le plus de "hourras" et jets de canettes à demi-pleines à travers le département audiovisuel de La Lodge.

Chris Jones nous pond sa première full part. Du fait de sa physionomie singulière, il rentre dans la catégorie des "grands steaks", fait qu'il pallie (transitif direct, sisi) en faisant un usage maitrisé du skate dans le mauvais sens, dit "switchstance". C'est tout de même une certaine gaucherie dans l’exécution de ses manœuvres techniques que nos journalistes ont souligné.

Il est à noter que les parts friends qui ponctuent cette vidéo procurent un bien être non négligeable en ces temps de disette et qu'elles sont admirablement montées sur de la Brit-pop chevrotante. On y retrouve de nombreux acteurs de la scène anglaise (dont Olly Todd) avec une joie et un plaisir proche de l'homo-érotisme.

Vient ensuite la part de Sylvain Tognelli qui s'ouvre avec la high-standard maneuver ci-bas illustrée et la voix de David Bowie. C'est boursouflé d'amour pour sa patrie qu'on ressort de cette part tellement notre représentant national semble avoir saisi les tenants et aboutissants du skateboard de rue. Sa part est parcourue d'une tension parfaite entre performance et invention, le tout filmé entre Berlin et Londres. Nos journalistes furent tellement conquis que certains d'entre eux ont même parlé de reprendre le skate. Ils sont allés finir cette discussion au pub. Close call.
High-standard maneuver


Sir Nick Jensen livre une part majoritairement constituée de lines. Il foule le pavé du bout des orteils, traverse la rue en milieu de line, exécute ses tricks avec la retenue d'un gentleman. Le point fort de cette part réside dans le fait qu'on voit Nick zigzaguer dans tous les sens; cette part fait vraiment partie de celles où l'on voit le skater vraiment skater. Plutôt que des lines ultra rapides et parfaitement orchestrées, on peut apprécier les demi-tours sur un spot, les pertes de vitesses au coin d'une rue, etc.

Enfin, c'est Tom Knox qui conclue la vidéo avec une part qui est un kaléidoscope de ce qui se fait le mieux dans le skate anglais. La dernière part est amplement méritée, aussi est-elle rythmée par de la musique qui donne envie de faire le bien sur Terre. La fin de la part prend une tournure épique où se succèdent les lines composées de hammers sur de la briquette engagée socialement. Tom Knox est un skater très agile qui a le mérite de savoir vraiment tirer profit de chaque spot, en faisant vraiment l'effort de le skater pour ce qu'il est plutôt que d'adapter son répertoire habituel à ce spot. La grande force de sa part est que les tricks qui ponctuent ses lines pourraient presque tous faire office de single, avec séquence et tout le barza.

En conclusion, c'est un message d'espoir que nous livre Jacob Harris : l'Angleterre n'a pas tout dit en terme de skate, et même si Blueprint a été prostitué pour des deniers Américains, même si Palace semble mettre en valeur avec justesse le nombre incalculables de mongoles capables d'acheter des bobs dégueulasses pour £50, il reste toujours des poètes urbains, des amoureux de la briquette et de la canette, prêts à faire claquer le planchon là où seuls de célestes clochards daigneraient s'allonger, canette en main.


Friday, October 18, 2013

Thursday, March 7, 2013

Le skateboarder, aspirant working class et mythomane invétéré

Voilà maintenant quelques années que la mode de la "work-wear" gagne de plus en plus de terrain au sein du petit monde qu'est le skateboard. Pour les incultes, ou pire encore, les gens qui s'en tamponnent les "joyeuses", la "work-wear" est une mode vestimentaire dont les adaptes portent les marques/habits dont la fonction première était de servir au travailleur manuel Américain d'antan et d'aujourd'hui, à l'éboueur, au charpentier, bref en un mot, au "col bleu". Les marques ambassadrices de ce mouvement ne sont autres que Carhartt, Dickies, Vans, etc. Ainsi, un fois paré de ces signes aisément reconnaissables, le petit skateur se retrouve investi de la même mythique qui entoure l'ouvrier Américain, et tout chétif et incapable qu'il est, il peut passer pour un gros dur auprès de ses amis. En tête de ce mouvement, nous pouvons admirer la silhouette élancée du guerrier arien et aficionado du skate switch à grand vitesse Anthony Van Engelen.


Le mouvement a récemment pris de plus en plus d'ampleur. Pour preuve de cela, Dickies s'est mis en tête de relancer une collection skate, preuve que même les non-initiés aux codes hautement subtils du skate se sont rendus compte de la chose. Au sein du monde skateboardistique, la work-wear semble avoir contaminé toutes les strates : hesh, wesh et autres gros sacs en tout genre. Jim Greco lui même, après de nombreuses années au service du pantalon slim et de la ridicule chemise à jabots, n'a pas réfléchi deux fois avant de signer un juteux contrat avec Dickies et de sauter dans un des fameux pantalons larges qui gratte de la dite marque. Nous apporterons tout de même un certaine nuance à ce propos, car certains de nos chercheurs sembleraient être en mesure de prouver que Jim Greco n'est autre qu'un pauvre tocard désespérément en quête d'attention qui se ré-invente tous les 2 ans comme une gamine de 14 ans. La phrase est au conditionnel cependant, ne nous emballons pas.


Dernier événement en date, c'est l’apparition du pantalon siglé du fameux fer à cheval dans la toute dernière part du vétéran et ex-rider de chez Chocolate, j'ai nommé Mike York. Comme quoi, tout le monde est conquis.


 "Rien de nouveau sous le soleil !!!" s'exclamera alors le skateur trentenaire qui aura déjà connu la mode du pantalon Dickies dans les années 1990. Bien heureux les simples d'esprits et autres démocrates, réjouissez vous donc que nos chers journalistes soient là pour vous éclairer. La différence avec la mode des années 90 est qu'en 2010s, le skateur se croit investi des qualités du travailleur manuel Américain dont il porte les habits.
Songez un peu, depuis ces dernières années, à toutes les vidéos, les interviews où l'on voit un skateur pro éclairé nous expliquer sa passion pour le travail manuel, la construction de tabourets, de modules en bois, etc. Dernier élément en date, l'interview des deux skateurs natifs de la East-Coast Zered Basset et Joey Pepper dans Skateboarder Magazine.


Tout y est : le titre "Men at work", la mise en page inspirée des chantiers, et la photo d'ouverture des 2 zozos en train de pêcher (la pêche étant bien entendu le loisir premier du travailleur manuel, cet heureux simple d'esprit qui maintient cependant un étroit lien avec la terre). Au demeurant, l'introduction nous parle de la particularité des skateurs de la Côte Est, allant même jusqu'à établir un parallèle avec les "blue collars" (surnom des ouvriers Américains).
Chers lecteurs, je vous prie ici de bien vouloir arrêter votre lecture, aussi difficile cela soit-il, dans le but de songer.  [...] Peut-être ce moment de questionnement, de reconsidération des choses vous amènera à la même question que nous: "Cher Skateboarder Magazine, ne seriez vous pas en train de nous prendre pour des mongoliens ? ou êtes vous débiles au point de croire aux idioties que vous racontez ?" Zered Basset ? Blue collar ? Est-ce de la merde qui obstrue vos yeux et occulte votre jugement ? Ou bien est-ce le fait que vos journalistes sont des enfants de 14 ans au quotient intellectuel égal au QI moyen du rider de chez Deathwish ?
Zered Bassett est sponsorisé depuis l'age de 12 ans ! Joey Pepper est pro depuis 15ans ! Payés à faire du skate, à s'amuser dans la rue, sans emploi du temps ni contrainte ! Vous trouvez ça "working-class" ? Hello !?
Nous noterons au passage les pantalons Dickies et Carhartt portés par ces 2 véritables héros de la classe ouvrière sur la photo. Maintenant, laissons nous aller à imaginer le même interview quelques années auparavant, lorsque Pepper était chez chez Aesthetics et Axion et que le jogging en cotton fesait loi. Vous imaginez le gugus nous parler de sa passion pour le travail manuel, le tout avec un doo-rag sur la tête ? Quelle aurait été la réaction à un tel interview ? Il est fort à parier que le lecteur moyen se serait servi de la page du magazine comme PQ un jour de diarrhée aigüe. 

Dans la même veine, voici une interview de Jason Dill et AVE. L'interview porte sur la vidéo Alien Workshop "Manfield", dans laquelle nous découvrons un AVE en Dickies et chemise en flanelle boutonné jusqu'en haut. En outre, un vrai dur. Au cours de l'interview, Jason Dill, leader inconditionné du style de et la connerie humaine, se laisse aller à qualifier la part de "blue collar". Qu'est-ce que cela veut dire ? Que AVE, qui n'a probablement jamais eu un vrai job de sa vie est un "blue collar" parce qu'il a enfilé une chemise en jean et un Dickies ?
Scannez donc la presse skateboardistique et rendez vous compte à quel point le skateur, depuis quelques années, essaie de se poser en sorte de héros de classe ouvrière, mi red-neck, mi-homme de la nature. Les articles sur des camping-trips, les passages dans les vidéos où les mecs tirent à la carabine, les trips en Harley Davidson et même la mode du DIY. Le DIY existe depuis toujours, la seule différence est qu'il est aujourd'hui encore plus en accord avec l'image que le skateur essaie de renvoyer de lui : "Je suis un gros dur, un vrai, je fais du ciment en Dickies, même si j'ai jamais eu job de ma vie, que j'ai 24 ans et que mes parents me payent un appart en centre-ville pour que je puisse skater." La work-wear, bien inoffensive à la base, a modifié des comportements, des pratiques au sein de la communauté skate, cherchant à créer une image fictive du skateur. Jamais auparavant on ne nous a autant bassiné avec les "à cotés" du skateboard. Le skateur pro, celui qui est le plus exposé au regard de l'autre, est toujours en recherche d'authenticité, et c'est à travers ces "â cotés" qu'il peut s'affirmer auprès du public. Il semble qu'il y ait coïncidence entre l’apparition de la work-wear dans le skate et cette insistance sur ces petits "à côtés" qui nous permettent de connaître les choses les plus inutiles sur la vie de nos pros préférés. Par ailleurs, il semble que le fait d'être skateur professionnel prenne de plus en plus en compte ce qui se passe en dehors de la planche.
Nom de Dieu de merde, Transworld a quand même sorti une vidéo de 4 minutes dans sur Silas Baxter Neal et sa passion pour la pêche. Qui peut honnêtement dire qu'il est intéressé par le fait de savoir ce que ce connard peut foutre au bout de sa canne à pêche ?!

Silas Baxter Neal Off The Board from Chris Ray on Vimeo.
A cela on peut rajouter les fameux tabourets de Pappalardo, les boites à chaussures en bois de Joey Pepper, Max Schaaf qui sort une part dans laquelle il passe la moitié du temps à faire le jacky sur une Harley, etc.



Alors, chers leaders de marques, de magazines, skateurs pros, nous sommes des passionnés de skate, pas des mongoles. On s'intéresse à vous parce que vous faites le/du skate. On se branle de vos hobbies, de vos passions, de vos motos, etc. Certes la work-wear est une mode très esthétique mais ne soyez pas des mongoles à vous ré-inventer parce que les modes vont et viennent. L'authenticité s'est depuis bien longtemps fait la malle sur la planète Skate. Réveillez-vous, cessez de nous prendre pour des connards et arrêtez de nous vendre cette image du skateur "working-class", qui est tout sauf une réalité.

Wednesday, December 26, 2012

Les fondations du Palace s'éffritent...

Environ deux année auparavant, cris de joie et autres "hourras" s'élevaient des bureaux de La Lodge à la découverte de ce clip vidéo :
Une vague de fraîcheur débarquait sur le continent européen comme nul n'en avait vu auparavant. Une esthétique bien particulière, décidément ancrée dans les îles britanniques, à contrario de Blueprint qui à la même époque s'ouvrait de plus en plus sur l'Europe et les USA. La touche musicale de The XX apportait un soupçon de mystère que la caméra VHS ne faisant qu'accentuer. Qui filme ? Où ? Quand ? Avec Olly Todd et Charlie Young en chefs de file, Palace était parti pour faire des merveilles et conquérir le cœur des férus de briquettes rouges et autres trottoirs rugueux. Quelques années plus tard, effectivement la conquête fut achevée.
Mais à quel prix ?

Poésie et mystère ont été remplacés par du hip-hop agressif et puéril de mauvaise qualité qui ne plaît qu'à l'adolescent de classe moyenne en quête de crédibilité ou à ces nombreux skateurs au corps d'adulte mais au cerveau ratatiné par la beuh qui s'expriment essentiellement en onomatopées ("chiozo", diraient-ils). Olly Todd et Charlie Young ont peu à peu disparu des clips, pour être remplacés par des poètes de la planche tels que Karim "potato bag" Bakhtaoui, qui, ne le nions pas, a une pop de chacal mais la finesse de Josh Kasper. La Lodge déplore grandement cet abandon à la vulgarité, et milite pour un retour à la raison chez Palace. ô grands patrons de chez Palace, remettez vous en quête ces génies au teint palot qui jadis donnèrent au skate anglais ses lettres de noblesse ! Le déclin s'est même répandu jusque dans leur catalogue de produits :


A la découverte de ces graphismes nauséabonds, les quelques rires de nos journalistes se perdent vite dans les sanglots d'angoisse. Et si la magie britannique n'opérait plus ? Et si finalement, nos camarades d'outre-manche avaient perdu cette étincelle qui transformait le moindre de leur excrément en pépite de poésie déprimante et apaisante à la fois ? (voir ci-dessous)


Il semblerait donc qu'après la trouvaille d'un logo qui a frappé les esprits, les graphistes de Palace aient décidé de se toucher sérieusement la nouille. Un mode de vie qui n'est certainement pas celui de leur comptable qui n'hésite pas à faire payer le skateur au mode de vie ghetto la modique somme de £60 pour une casquette ou encore £149 pour une chemise. Parodie de mauvais goût du logo Chanel, co-branding avec Umbro, la moitié du team qui file se saper chez Krew, nombreux sont les faux-pas de Palace qui est passé en quelques années du statut d'icône de l'esthétisme en matière de skate européen à un groupe de "chavs" beuglant en permanence avec la même finesse que le team DGK lors d'une avant-première... C'est en proie à une grande déception que les journalistes se voient obligés de retirer leur triple A à Palace Skateboards. Bien que la qualité des productions matérielles et visuelles de Palace soit en chute libre, on ne peut que saluer leur sens aigu du marketing. Aussi, on peut être sûr que les T-shirts Palace seront un des top-sellers parmi les skateurs pré-pubères ce Noël, au même titre que les chaussettes cannabis HUF, à 50€ la paire. Heureusement que nous autres skateurs somme libres de toutes considérations matérielles et désirs de se conformer. Ouf.

Wednesday, November 7, 2012

Les deux visages de Janus / Bordeaux Exposure

Notre éminent correspondant et confrère, Julien Januszkiewicz s'apprête à sortir sa seconde vidéo "Bordeaux Exposure". Clin d’œil énorme à l'épopée urbaine filmée par Dan Wolfe dans les ruelles de Philadelphie, New York et Washington DC, la Eastern Exposure 3.


La Eastern Exposure 3, sortie en 1996 (?) prenait à contre-pied toutes les vidéos Girl. Une antithèse du skate lent et technique, où la monotonie des school-yards américaines volait en éclat face à la dimension street life que les trottoirs de la East Coast des Etats Unis offraient. Alors que pour les grands orateurs, la Eastern Exposure 3 était un exercice de style, le retour à une simplicité des mouvements skateboardistiques, une avancée vers un certain minimalisme ; nous autres, gros sacs, étions surtout ravis de voir qu'on pouvait à nouveau faire du skate sans avoir à être très tech. Au demeurant, il était intéressant voir que les trottoirs défoncés et les plaques d'égouts de notre bled de plouc prenaient une toute autre dimension.

Pour en revenir à notre, cher Janus, c'est cet esprit là qu'il a souhaité perpétuer avec cette seconde production visuelle. Nous entendons déjà nos confrères progressistes de Charlie Hebdo hurler au conservatisme béat. Il est vrai que l'on pourrait se laisser à penser que cet opus visuel ne serait qu'une ode nostalgique à une époque désormais enfouie sous des émission de skate TV réalité, des contests Street League et autres Chaz Ortiz.
Jeune papa, compagnon modèle et employé du mois, Janus semble pourtant avoir un futur prometteur. Alors pourquoi ce besoin de se compromettre avec de vulgaires skatos, sans doute un désir régressif ?



Il semble d'ores et déjà que la mythologie romaine, comme bien souvent, nous apporte la clef du mystère. Janus était une divinité romaine à deux visages, le dieu des commencements et des choix. Un visage tourné vers l'avenir et un visage tournée vers le passé. Tout comme notre Janus à nous finalement, puisant son inspiration dans les vidéos 90s qui ont rythmé son adolescence, il est résolument tourné vers le futur. Il filme la génération montante, pousse la vieille génération à se renouveler, le tout en proposant un nouveau projet qui fédère tout le monde. A l'instar du divin Janus, notre Julien personnifie à lui seul le croisement de deux routes : celle de l'homme et père responsable tourné vers le futur, et celle de l'éternel enfant jouant sur sa planche pour qui le passé est un refuge confortable. Jetez un coup d'oeil à "Bordeaux Exposure" lorsqu'elle sortira et vous verrez à quel point il s'en sort bien lorsqu'il s'agit de conjuguer ces deux rôles pas toujours compatibles...
 Nous nous sommes tous de même entretenus avec l'homme pour en savoir plus.


http://annbourgogne.files.wordpress.com/2010/01/janus-dimon.jpg
 Janus, divinité romano-skatos


Peux-tu présenter le projet de Bordeaux Exposure ?
C’est un projet court d’environ 10 minutes sur Bordeaux et sa scène avec pas vraiment de part mais plus un random de skaters connus et moins connus (environ une trentaine). Le tout mêlera footage en HD noir et blanc et super 8 avec des ambiances différentes selon le style de skate.  Je pense sortir ça vers Décembre car après je quitte Bordeaux pour habiter à Genève à cause du travail. La vidéo est supporté par Popular Skateshop, Skate Pound, Magenta skateboards, Prizefightercutlery et Adidas Skateboarding. Stay tuned!
Depuis combien de temps filmes-tu ?
Je filme vraiment depuis 4 ans et pour ce projet depuis fin 2011 avec tout mes homies!
N'est-ce pas un peu "mission impossible" que de rencarder tous les skateurs de Bordeaux pour filmer un trick ?
Aha, en fait ça dépend qui, il y en a qui seront surchaud  et ce sera très facile d’avoir des images et d’autres qu’il faut driver jusqu’au spot avec le pack d’heineken pour la motive!
Léo Valls

Une anecdote de filming ?
Ah oui j’en ai une, le filming d’un trick qui ne rentre pas à plusieurs reprises et sur plusieurs jours, jusqu’au moment où ça rentre et malheureusement tu rembobines la cassette pour matter le footage et tu réenregistres par dessus! la haine...
Lorsque tu filmes, est-ce que tu laisses le skateur choisir ses spots, ou as-tu tendance à le conseiller, histoire de trouver l'image la plus intéressante à faire ?
 Il y a un peu des deux et je dirais que ça dépend qui tu as en face de toi. il y a des skaters qui ont des idées très précises du spot et tricks à faire et d’autres qu’il faudra stimuler un peu plus et chercher un spot adéquat pour le genre de tricks ou style de skate qu’ils pratiquent.
Ou aussi, on fait des sessions tous ensemble sur un spot et ça filme dès qu’il y a quelque chose d’intéressant, je dirais que c’est le plus kiffant, c’est naturel, et il n’y a pas de prise de tête.

Antoine "Bran" Roussel

Top 3

3 vidéos de référence : 
Mouse
Alien workshop photosynthesis
Habitat Mosaic

3 vidéo françaises de référence :
Minuit
Microscosme de Magenta
Frame by Frame

3 skateurs qui mettent la motive :
Bobby Puleo pour les spots qu’il ride
Brian Delatorre, le skate moderne que j’aime
Gino Ianucci, meilleur steez!

3 mecs inconnus qui gagneraient à être filmés plus souvent :
Léon Latecoere, gros potentiel !
Edouard Depaz

Antoine de Lassée

Saturday, November 3, 2012

Partenariat commercial entre Zered "Doc Z" Bassett et Expedition One


La news est tombée il y a quelques jours de cela : Zered Bassett, natif du Massachusetts mais pur produit des ruelles new-yorkaises a trouvé refuge chez la très humble et fresh marque, j'ai nommé Expedtion One. La nouvelle a eu l'effet d'une bombe dans nos bureaux.


Les bureaux de La Lodge à l'annonce du transfert de Zered Bassett chez Expedition One.

Pour tout vous dire, nous ne sommes pas vraiment fâchés de ce partenariat commercial. Expedition One fait partie de ces marques qui ne font pas trop de vagues mais qui auraient tout à fait les moyens de le faire. Des graphismes toujours fresh, sans verser dans le registre "gangter en carton" comme le fait DGK ; un team composé de Joey Pepper, Ryan Gallant, Enrique Lorenzo, Matt Miller, etc. Autant dire des mecs qu'on ne voit pas si souvent, mais qui sortent toujours des images avec du skate de qualité. On taira l'entrée de Matt Miller dans le circuit de compétition de la Ligue de la Rue.

Quant à l’intéressé, du haut de ses 26 ans, il en parait certes 42. Une calvitie naissante couverte en permanence par un couvre-chef Red Bull. A priori pas de quoi intéresser nos journalistes. Et pourtant, lorsqu'on y regarde de plus près, Zered Basset fait partie des icônes new-yorkaises qui ont ouvert la voix sur de nombreux spot, et ce depuis plus de 10 ans. A l'instar d'un Bobby Puleo ou d'un Anthony Pappalardo, Zered dépucèle des spots armé de son bâton à roulettes. A contrario cependant, il ne nous sabre pas les couilles avec des interviews de rageux pour nous dire à quel point son skate est différent des autres, ou à quel point les skateurs de NY lui sont redevables. Zered attaquera avec la même envie une obscure cellar-door ou un spot ultra-connu. Et il est fort à parier que dans les deux cas il en ressortira un trick intéressant à regarder.

Et c'est cette humilité que l'on appréciera tout particulièrement à La Lodge. Alors oui, Zered ne nous provoquera jamais des papillons dans le ventre comme  chaque pousson d'un Gino, ou chaque photo d'un Joey Pepper. Cepdendant, sa propension à s'attaquer à des spots négligés des autres sans en faire tout un foin, sa capacité à se sortir les doigts pour pondre des hammers de bonne facture seront toujours des éléments que nous saluerons volontiers chez un skateur.

Trinquons au Red Bull à sa santé !







Wednesday, October 31, 2012

De la présence des quotas raciaux dans le skateboard




Alex Davis from HabitatSkateboards on Vimeo.

Pour ce qui est des élections présidentielles américaines, au sein des bureaux de La Lodge, on ne va pas vous le cacher, on est pro-Mitt Romney. Nous, abroger l'avortement, le mormonisme, la peine de mort, avoir le droit de payer un bras pour ses médicaments, ça nous botte à mort. Alors forcément, avec ces culs terreux de Libération à l'étage du dessous et ces ploucs de Charlie Hebdo à l'étage du dessus, ça fait jaser.

Aussi, il n'est pas rare d'entendre un de nos confrères bien-pensants déclamer à qui veut l'entendre que "Ouiiii, les mecs de chez La Lodge, c'est des gros fachos, ils z'aiment pas les noirs!"

Soit.

Nous avons donc décider de réagir en prenant, comme nous l'avons déjà fait moult fois, tout le monde à contre-pied. Nous avons instauré un quota de skateur afro-américains à paraitre chaque mois dans notre feuille de choux.

Au journaliste bien pensant de s'exclamer "Quoi ??? Afro-américains ??? Et nos skateurs français alors ??" Non mais, vous voulez pas qu'on mette des photos de Jonathan Jean Philippe aussi ?! Avec son pull fluo et casque audio aux couleurs pastels ? Autant se saborder de suite plutôt que d'attendre une morte lente et certaine en agonisant, les yeux brûlés par ces hérésies vestimentaires et stylistiques.

Je digresse.

Toujours est-il que c'est dans cette optique, et celle-là seule, que nous avons décidé de publier cette vidéo
du résident de Cincinnati, j'ai nommé Alex Davis.



Outre le désir de réaffirmer le partenariat commercial qu'il existe entre Alex Davis et la marque des skateurs qui boivent du café et jouent de la guitare, cette vidéo nous rappelle également la définition du mot "style". Alex va vite, sur des endroits où il faut pousser quatre fois normalement. A contrario des gens que le commun des mortels qualifie de "stylés", Alex ne suit pas le modèle prédominant d'exécution des tricks, il skate d'une manière qui lui est propre et s'autorise à laisser parler son corps plutôt que de calquer ses mouvements sur les autres. Et ça marche. Au passage il est intéressant de noter le gouffre social qu'il existe entre Alex Davis et ses team-mates blancs de Habitat. Pendant que ces derniers passent leurs journées sur les terrasses des cafés à siroter du café commerce équitable et jouer de la gratte avec des pantalons coupés aux genoux, Alex Davis travaille dur dans les rues humides et obscure de l'Ohio et gagne sa croûte à la sueur de son front plutôt qu'à la sueur émanant de ses mocassins portés sans chaussettes comme le fait son collègue Austyn Gilette.

 Mais c'est qu'on tomberait presque dans le socialisme chez La Lodge tiens...