Jason Dill et la campagne #Help_us_to_shop

L'ouverture du shop Supreme à Paris, et des centaines de jeunes contraints d'attendre sur le trottoir. Certains d'entre eux n'avaient plus de batterie, ni aucun moyen de recharger leur téléphone pour partager leur géolocalisation sur Facebook ou consulter les dernières paires de sneakers en vente sur Ebay. Des images terribles.


En Septembre prochain, le monde de la street-wear s'apprête à connaître un micro-séisme puisque la marque Supreme sortira sa collection "back to school". Il est désormais de notoriété publique que traditionnellement, cette collection d'automne suscite un engouement très marqué tant par les inconditionnels de la marque que pour les néophytes qui cherchent à s'habiller pour la rentrée.

On se rappelle encore la surprise des autorités lors de l'ouverture du shop parisien, et l’affût massif de jeunes venus faire des emplettes. Mouvement aussi subit qu'écrasant, cette vague de clients a fait l'objet d'une appellation particulière par la Mairie de Paris : les fashion-migrants. Phénomène relativement récent, ce terme désigne ces jeunes qui sont contraints par des forces extérieures à venir s'approvisionner dans des hauts-lieux du prêt-à-porter. Des conditions de vie souvent difficiles pour des jeunes contraints de débourser parfois jusqu'à 500€ d'argent de poche pour se protéger du froid.

 
Jason Dill, skateur engagé corps et âme dans la campagne #Help_us_to_shop. Quand il ne consacre pas son temps à la campagne, Jason filme aussi des lines à Répu en agitant beaucoup les bras.




C'est dans l'optique d'éviter un nouveau drame tel que celui de l'ouverture du shop parisien et l’afflux en masse de migrants-fashionistas que Jason Dill, skateur californien chevronné et sensible aux problèmes sociaux rencontrés par les plus jeunes, a décidé de mettre son image au service d'une campagne fraichement lancée : #Help_us_to_shop
"Il faut pouvoir veiller à ce que tous les jeunes puissent faire du shopping en tout sécurité. Aujourd'hui, tout skateur a droit à sa casquette Supreme." 

Campagne lancée par un collectif de shopper-addicts, #Help_us_to_shop a pour objectif de prévenir les incidents liés au shopping de masse et veiller au respect de la personne et la dignité des fashion-migrants.

#Help_us_to_shop et Supreme unissent leur force au service des fashion-migrants

Le but est simple : améliorer la vie des fashion-migrants dans ces files d'attente interminables, notamment lors d'occasions particulières tels qu'un coloraway en édition limitée, ou un co-branding bien senti. En clair, il s'agit de fournir aux fashion-migrants des éléménts de premières nécessité. 

Faire la queue pour une édition limitée peut très vite vire au calvaire, surtout si l'on n'est pas préparé. Crotte de chiens, fumées de pots d'échappement, piétons sapée à la mode de l'année dernière... le danger est partout.
 
Les bénévoles de #Help_us_to_shop se sont donc démenés pour récolter de la nourriture et des boissons à servir à ces jeunes dans le besoin. Une tâche relativement difficile, car les us et coutumes de ces fashion-migrants différent par fois des nôtres. Ainsi, lors de la sortie d'une édition limitée de la Dunk Ishod Wair devant un Nike Store, les bénévoles se sont heurtés au refus des fashion-migrants, qui ont pris ce geste pour de la pitié mal placée (voir photo ci-dessous).  Après un temps de dialogue et d'échanges, les bénévoles ont pu mieux cerner les besoins de ces jeunes. Désormais, il s'agit avant tout de leur fournir des bagels ou des burgers #homemade, ainsi que des boissons chaudes de chez Starbucks (hors café du jour), mais aussi des chargeurs de Iphone 6 ainsi que des perches à selfies.

 Le jour de la sortie de la Dunk Ishod Wair, les bénévoles ont apporté aux fashion-migrants des kebabs d'un restaurant dans le voisinage du magasin. Se sentant insultés, les jeunes ont saccagé le magasin en jetant la nourriture sur le propriétaire du restaurant-kebab. La barrière des cultures est parfois un obstacle difficile à appréhender.

Spot central parisien, la place de la République frappée d'une interdiction


Ce mois-ci, une nouvelle atteinte aux droits des pratiquants de skateboard parisiens a été commise. La place de la République, épicentre du skate parisien, s'est vue frappée d'une interdiction. Suivant la tendance du "tout numérique" et des réseau sociaux, le service Jeunesse et Sports de la Mairie de Paris a décrété qu'il serait désormais interdit de skater sur la place de la République sans se filmer et poster ses clips sur Instagram.

Thierry Braillard, secrétaire d’État au sport s'explique : " De nos jours, dans le skate-game, il est indispensable de diffuser sa session quotidienne si vous cherchez à peser sur la scène. A partir de maintenant, nous allons assurer une veille quotidienne pour vérifier que chaque pratiquant prenne bien la peine de se filmer et poster son clip avec un minimum de cinq hashtags. Nous allons mener une politique zéro tolérance envers les réfractaires qui comptent pratiquer sur la place sans prendre le temps de faire un Insta."

Tristan, 15 ans, ne sort plus jamais skater sans son portable et se retrouve obligé à réaliser des édits quasi-quotidiennement, parfois au détriment de la qualité, une charge pesante en plus de son travail scolaire.
Une décision jugée largement arbitraire par les premiers concernés, les jeunes pratiquants de "Répu". Tristan, jeune skateur du 12e arrondissement s'exprime : "Avec ce nouvel arrêté, on n'a même plus la possibilité de pratiquer comme on veut. A peine on arrive, on doit direct sortir les portables et on se filme. L'autre jour, un ami à moi à voulu skater pour le plaisir, et il s'est pris une amende direct, il a eu beau dire qu'il s'entrainait pour une nouvelle édit', rien n'y a fait."

L'obligation de poster sa session quotidienne est devenue une véritable corvée pour l'adolescent. Pour aller plus vite, il avoue parfois bâcler le montage en se rabattant systématiquement sur de la trap-musique vindicative et des interactions entre autochtones alcoolisés de la place, conférant ainsi une street crédibilité à ses edits.

Hors antenne, Tristan nous explique qu'il est parfois lassé des bâtons mis dans les roues des skateurs par la mairie, et il nous confessera même nourrir le désir de tout arrêter pour monter un groupe reggae et se coller des douilles, une activité socialement mieux acceptée. La rédaction est de tout cœur avec Tristan, et nous souhaitons beaucoup de réussite dans ses futurs projets à ce jeune ambitieux.

Tristan, la tête pleine de projets

Le scandale des planches Welcome dévoilé au grand jour

L'entreprise Welcome Skateboards, connue pour ses planches de skate aux shapes fantaisistes et son utilisation de l'imagerie du black métal, est cette semaine au cœur d'un scandale sans précédent dans l'industrie du skateboard.


Spécialisée dans les shapes fantaisistes, la marque a décidé d'en faire son faire-valoir , justifiant cette décision par la nécessité pour chaque planche d'être unique, donnant ainsi l'occasion à chaque skateur d'être unique et de développer son propre style.

extrait du site www.welcomeskateboards.com

Nos reporters ont donc décidé de rendre visites aux manufactures de la marque basées en Chine pour ensavoir plus. Et contre toute attente, ce qu'ils y ont découvert s'est révélé être une machination crapuleuse et immorale, destinée à réaliser un profit aux dépends de jeunes enfants en situation de handicap visuel.

Des shapes taillés à l'aveuglette... ? Vous ne croyez pas si bien dire !


En effet,  Welcome Skateboards emploie illégalement des enfants non-voyants pour réaliser les shapes et les graphiques des planches. Hébergés dans un centre adapté sans aucune rémunération si ce n'est un navet par jour, voilà plusieurs années que ces enfants croient participer à des ateliers d'arts plastiques et de création manuelle alors que leurs travaux sont systématiquement récupérés et vendus dans le commerce une fois que le macaron Welcome leur ait été appliqué.

Une jeune enfant mal-voyant s'apprête à réaliser une shape "unique" à son insu au profit de Welcome Skateboards.
Le caractère unique et particulier des shapes que la compagnie commercialise n'apparaît donc pas comme un choix volontaire, mais bien comme un des aléas lorsqu'on fait travailler des enfants visuellement déficients. Et c'est sur cette déficience que les dirigeants sans-cœur de la compagnie ont décidé de capitaliser, en dépit de la reconnaissance que les ouvriers aveugles mériteraient. Plusieurs doutes avaient déjà été émis quant à la forme absurde de ces planches ainsi qu'à leur largeur qui aura largement contribué au désamour du kickflip chez les plus jeunes pratiquants, au profit du early-grab.

Les graphistes de Welcome ne sont autres que des enfants mal-voyants dont les travaux d'art plastiques sont récupérés, mis à l'échelle, puis imprimés sur les planches de la compagnie.

Cette machination scabreuse aura déjà rapporté à la marque plusieurs milliers d'euros, sans qu'un seul centime ne soit reversé au enfants. Nous espérons que ces révélations mettrons un terme à ces agissements, et d'ici-là, nous vous recommandons vivement d'acheter des planches shapées normalement et d'avertir toute personne que vous croiserez avec un shape fantaisiste.





Guru Khalsa a un business plan



Guru Khalsa n'a plus de sponsors, il a une longue barbe et poste des vidéos sur l'hindouisme dont tout le monde se branle sur son site tout bizarre (http://www.wakerobins.com/information/). Et pourtant malgré les apparences, il semble avoir un business plan aussi affuté que la faucille avec laquelle il récolte le chanvre. Parce que lorsqu'on regarde les clips de skate qu'il a eu l'idée de poster dans un rare moment de lucidité, on est presque tenté d'acheter ses t-shirts unis pourraves en papier crépon.

T shirt "Himalaya" gris. L'URL de la photo indique T shirt "mushroom", ça m'étonne qu'à moitié... Sans doute le seul t-shirt du stock qui n'avait pas de tâche. Il vaut bien ses 30$.
Toujours est-il que ça fait bien plaisir de le voir, parce qu'il envoie du leust et du spot bien dégueu. Ça rappelle les jours de gloire d'Habitat quand le man bum faisait foi. Allez, une dernière pour la route...


Ressortir avec son ex ou la mini-part de Danny Garcia


En cette matinée où il fait bon rien branler, la page Facebook de Sml. Wheels fait la promotion d'un full clip (selon leurs termes) de Danny Garcia, via un alléchant teaser de 15 secondes. Émulation en salle de réunion, chacun de nos journalistes se rue sur son ordinateur pour prendre connaissance du fameux full clip.

Deux mauvais présages dès l'ouverture de l'onglet, le-dit full clip ne dure que 59s et de surcroit, il est ostentatoirement intitulé "Leisure Wolrd". Et je ne sais pas vous, mais je dois vous avouer que cela faisait déjà quelques temps que l'on se doutait que ce bon vieux D-Gar était passé en mode loisir, du genre je sors la planche qu'après les longs repas de famille pour faire 2-3 pogos histoires d'épater les oncles.

Et c'est là que ça nous a frappé : regarder une part de D-Gar, c'est un peu comme ressortir avec son ex. Le genre d'ex qui nous a fait du mal mais qu'on a toujours des difficultés à repousser. En somme, D-Gar c'est un peu Dylan de Beverly Hills qui viendrait sonner à notre porte un vendredi soir de solitude.

Hey baby, wanna go for a ride ?
On sait que c'est mauvais pour nous, on est déjà retombé dans le panneau et ça n'a rien donné de bon. Donc sur ce coup-là, on le voit arriver à des kilomètres : "Non jeune homme, tu ne m'auras plus avec tes chemises ajustées et tes switch flips affutés. Désormais je suis fort et indépendant !"

Je suis fort et indépendant ... mais doux Jésus, quel leust !
Tentative de rébellion avortée pour nos reporters qui ne tardèrent pas à sortir de leur bureau le regard énamouré. Les lines de D-Gar, aussi simples et épurées soient-elles, sont venues à bout de la déontologie de nos journalistes. Le 3-6 flip est toujours d'une élégance insolente, le curb-game est toujours là et le cuissot est fuselé à souhait. Pour conclure, nous sortons de ce visionnage partagé entre l'extase d'un coït brutal et le sentiment éhonté d'avoir été utilisé pour un vulgaire quickie avec une homme que nous ne reverrons pas de sitôt que nous sortons de ce visionnage.

Cours de skate à l'ENA ou la skate-culture bradée

L'ENA propose désormais des cours de skate facultatifs au programme depuis Septembre 2015.

La très prestigieuse École National de l'Administration (ENA), qui a vu passer dans ses halls de nombreuses figures politiques d'hier et d'aujourd'hui, a récemment fait le choix surprenant d'intégrer des cours de skateboard dans son programme.
Une décision qui peut prêter à sourire lorsqu'on connaît la nature parfois rétrograde des enseignements qui y sont dispensés : lettres classiques, arithmétique, apprentissage du morse, connaissance de l'environnement administratif français, maîtrise de l'assortiment bretelles/porte-chaussettes, pilotage de Citroën DS, etc.

Bernard Montiel, professeur de skate : "De nos jours, les aspirants politiques doivent être à même de maîtriser les codes de la société contemporaine : réseaux sociaux, culture du buzz et... skateboard."
Après avoir soutenu sa thèse sur le mouvement des skateurs décolorés en blond, Bernard Montiel est entré dans les rangs des enseignants de l'ENA où il forme désormais le futur de la nation.
En tant que professeur de skateboard, spécialité urbaine, il nous explique la raison de ce choix, dans un phrasé directement issu de la skate-culture : "De nos jours, le pouvoir passe par la maîtrise les codes sociétaux. Tweeter, Facebook, Instagram, si vous les maîtrisez, vous êtes là. Au même titre que les réseaux sociaux, le skate est l'un de ces codes. C'est une marque de coolitude. En tant que skateur, que vous soyez tech ou hesh, vous êtes en place. Oklm."

Mécanique bien huilée, la rhétorique de Bernard Montiel est implacable et montre bien les enjeux qu'un passe-temps aussi innocent que le skateboard peut en réalité soulever. C'est précisément ce côté "savamment calculé" que dénoncent certains critiques de skateboard. Ainsi, Yves Noël, journaliste de skate accuse : "Avec l'intrusion du politique dans le skateboard, c'est toute la skate-culture qui se retrouve bradée et souillée ! Il n'y a plus de place pour l'authenticité."

Invité de marque, Alex Olson même est venu enseigner l'art du skitching au jeunes énarques qui ont choisi l'option skate underground.

En effet, même les plus irréductibles milieux du skate ont été infiltrés dans le but de percer et d'étudier leurs us et coutumes. Bernard Montiel s'explique : "Pour préparer mes cours, je me suis immergé dans la skate-culture. J'ai chillé avec le crew underground Magenta, j'ai sauté des palissades de maison avec les Backyard Bandits pour skater des pools, j'ai ruiné ma garde-robe à la javel avec le team Welcome, etc. Grâce à ces connexions, j'ai pu faire appel à des invités de marque pour venir dispenser leur savoir à mes étudiants, comme Alex Olson par exemple".

A la fin de leur curriculum, les énarques se voient remettre un diplôme à part pour le skate. Gage de leur maîtrise des codes skateboardistiques, ce diplôme est avant tout un passeport pour pouvoir intégrer n'importe quel groupe de skateurs et jouir de leur street-cred (crédibilité issue de la fréquentation de la rue), formidable outil de communication en politique.

Deux jeunes énarques, qui ont un peu trop pris leurs cours au sérieux, se font remettre leur diplôme par Marc Haziza en personne.
Un bémol à cet engouement pour le skate à l'ENA cependant :déjà depuis Septembre, certaines dérives liées au skate on été relevées. Plusieurs élèves ont été exclus pour usage de stupéfiants, refus de l'autorité et manquements aux règles d'hygiène élémentaires. Affaire à suivre, donc...

Le poids des burgers ou réflexion sur la relation exponentielle entre le style et la masse pondérale


Après plusieurs années d’absence du skate-game, hormis quelques furtives apparitions tournoyant la planche à 360° tout en la faisant vriller, le tout en roulant dans le mauvais sens, Johnny Layton a choisi le puissant média qu'est le Berrics pour nous faire parvenir sa nouvelle production.



Cette part présente de nombreux atouts, notamment dans le recours aux figures basiques effectuées sur des terrains périlleux au péril de son bien-être. Mais surtout, elle nous donne l'occasion de réfléchir sur la relation exponentielle entre le style et la masse pondérale. Remarquez comme le léger embonpoint de notre protagoniste accentue son style et donne plus de poids à ses replaques. A chaque trick replaqué, c'est un boom! qui retentit dans notre cage thoracique, sorte de mini-orgasme qui puise ses ressources dans notre appréhension et nos nerfs :  Mais la board, elle va exploser là ?! Non, mais il va s'écraser comme un vieux burrito ?! Mais ses genoux vont voler en miettes, là ?!

En effet, il semble que la surcharge pondérale de J-Lay lui donne une sorte d'inertie, accentuant ainsi l'impact de ses replaques et dramatisant chaque trick. En sorte, elle lui donne plus de poids, littéralement et figurativement. En y repensant, avez-vous déjà ressenti le même émoi à regarder une crevette comme Brian Peacock se balarguer, aussi douée soit-elle ? L'agilité certaine et la dextérité de ces skateurs minces nous confortent dans la certitude qu'ils arriveront à retomber sur leur planche avec la souplesse d'un chat. Pas d'appréhension particulière à chaque trick comme lorsqu'il s'agit d'un lourdau dépassant le quintal, donc pas d'effet de surprise. Les figures restent incroyables, mais envisageables compte tenu de la maîtrise et corpulence du skateur.

J-Lay, nouvelle égérie de la campagne Let's Move !

Même Michelle Obama s'est emparée de ce raisonnement pour sa campagne nationale Let's Move ! contre l'obésité qui fait toujours des ravages aux Etats-Unis. D'abord dénoncée par l'opinion publique parce que trop paternaliste et trop stricte, Michelle Obama a rapidement vu en J-Lay un moyen de rendre l'exercice physique attirant pour les plus enrobés.

Discours d'intronisation de L-Lay en tant que partenaire de Let's Move!
Nous conclurons cet article par l'ambassadeur du mouvement du heavy-weight-skating, Matt Schlagger, qui illustre avec panache la notion de dramatisation de la replaque.