Le calendrier de l'Avent #5 : Chewy Cannon et Benny Fairfax



Dans les bureaux de La Lodge, la marque Palace et ses représentants sont souvent la cible de quolibets et moqueries pour des histoires de musique de mauvais goût, de comportements de fans de foot et autres produits textiles à des prix défiants l'inflation. Cependant, tel Jean-Marie Le Pen que l'on critique volontiers ouvertement au dîner le samedi soir, mais dont on glisse le nom dans l'urne une fois à l'abri des regards le dimanche matin entre Auto-Moto et Warning, nos chers journalistes aiment parfois se retirer dans l'obscurité de leur bureaux pour visionner des clips estampillés Palace. 


Hyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyype

Car il faut bien le reconnaître, ces guérilleros urbains apportent quelque chose de fondamentalement nouveau dans le game. Chez Benny Fairfax, nous apprécierons son élégance qualifiée d'ethnico-urbaine par Vogue, mais ce seront surtout les lines de Chewy Cannon et sa capacité à rebondir tel une balle de flipper électrisée sur tout le mobilier urbain l'entourant qui auront retenu notre attention.

Une ombre au tableau cependant, c'est l'incompatibilité fondamentale entre la mode du jogging en coton prisé par ces ambassadeurs de la briquette et cette autre mode, issue de l'inquiétude apparemment grandissante chez les skateurs de perdre leurs clés, du port du mousqueton affublé d'un trousseau de clés d'un bon kilo et demi.

Le mousqueton, symptôme d'une angoisse de la perte des objets contagieuse chez les skateurs. D'après Freud, cette angoisse est liée à une peur de l'abandon aussi appelé "névrose de l'abandon" chez le nourrisson. ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Angoisse_de_perte_d%27objet )

En effet, un de nos confrères a tenté dangereusement de combiner ces deux modes avant de voir son sweatpant céder aux dures et impardonnables lois de la gravité et de se retrouver le derrière exposé devant la machine à café, dans l'impossibilité de remédier à son calvaire, les mains mobilisées par son moccachino et son donut de sa première pause de 8h45. (On embauche à 8h30 chez La Lodge)

Heureusement, notre PDG, sous ses faux-airs de Ronald Reagan, sait maintenir un certain niveau de hypitude et autre swagginess en combinant avec brio le sweatpant à la Palace et les Dylan de chez HUF.

Dan Flatula, PDG de La Lodge

Le calendrier de l'Avent #6 : Dan Plunkett "A video part about nothing"



C'est avec une coolitude semblable à celle d'Yves Noël nous présentant Sports Événements un dimanche matin de que nous vous proposons la part de Dan Plunkett en #6 de notre calendrier.

Dan est un local d'Atlanta, ville de Justin Brock et Grant Taylor. Autrement dit, une ville qui n'accouche que des gros durs. En effet, Dan est un tatoué, un bandit, un rapetou, un risque-tout, voire même un trompe-la-mort, et cette attitude se reflète pour notre plus grand plaisir dans sa pratique de la planche.


Un dur, un vrai, mais aussi un homme avec ses fêlures constamment relégué au rang de man am
Une raideur du dos qui n'est pas sans rappeler Gino Iannuci, des replaques d'une désinvolture frisant l'insolence, Dan Plunkett est un des favoris de la rédaction depuis plusieurs années maintenant. Malheureusement, les sponsors ne semblent pas forcément être dotés du même bon goût que nos ventripotents journalistes car il stagne toujours chez Skate Mental, et HUF ne semble pas lui ouvrir les portes du monde très exclusif des professionnels de la savate de skate.

Si vous avez quelques minutes devant vous, nous vous proposons ces quelques clips issus des tournées Elwood qui ont fait le bonheur des nos collaborateurs lors de dimanches matins pluvieux, accompagnés de Nesquik pas très underground ; clips au cours desquels ce cher Daniel s'illustre avec brio et panache. 

Le calendrier de l'Avent #7 : Mark Suciu dans "Search the Horizon"


#7 de notre calendrier de l'Avent, le très poli et bien sous tout rapport Mark Suciu dans la Search the Horizon parue en tout début 2014.

Il faut avouer qu'au début, son côté "trop bon élève" a un peu rebuté certains de nos journalistes plus attirés par la silhouette élancée de Fred Gall dans la vidéo. Un niveau indéniable, mais un côté un peu lisse en comparaison des parts d'Alex Davis ou Delatorre dans la même vidéo. C'est vrai aussi qu'avec une part de trois chansons, un tour du monde des spots, la part pouvait paraître avoir des ambitions anthologiques.

Et pourtant avec le temps, ce freshman de la Temple University de Philadelphie a fini par gagné notre intérêt. L'omniprésence de Philadelphie dans ses parts trace un lien chronologique qui fait sens avec les anciennes vidéos Habitat. Les lines à Love Park ne sont pas sans rappeler les early days d'un jeune Pappalardo avant la spirale infernale des tabourets en bois. Et puis crotte, le choix de tricks aussi ! La line à Londres sur le spot d'Olly Todd avec les barres blanches et les mini-banks a plongé nos plus sensibles journalistes dans une mélancolie dont seule une cannette bien fraîche envoyée au visage pouvait les sortir. Ce que l'on appréciera donc chez ce jeune homme au skate bondissant qui est encore l'un des rares à skater des boards en dessous de 8 pouces, c'est la capacité à assurer une transition entre les Habitat OG's et la nouvelle image de la marque fortement marquée par la photographie argentique et la consommation de breuvages caféinés issus du commerce équitable.

frontside nose slide sur une photo visiblement tournée à 90°

La calendrier de l'Avent #8 : Kevin Coakley dans "Traffic"


Membre actif de la communauté des dos voutés, une stature qu'il a probablement hérité des générations et générations de marins de sa famille qui se tuaient à la tâche dans le port de Boston, pour brûler leurs économies en putes et whisky bon marché le week-end, Kevin Coakley est passé pro pour la très core et inactive marque de Ricky Oyola, Traffic Skateboards en cette année 2014. Cette part, qui déclencha moult hourras dans notre département East Coast du journal, classe définitivement Kevin Coakley dans la catégorie des skateurs régionalistes. Chaque clip est un hommage à son hometown et sa célèbre architecture de briquette rouge apportée d'Angleterre par les colons pour mieux tataner les natifs américains. 



En regardant sa part, sans même être allé à Boston, on a le sentiment que chacun des spots ne pourrait se trouver ailleurs. Ces étroites ruelles, ces entrées de maisons bordées de larges hubbas kinkés aux formes diverses qui peuvent être skatés en roll-in, manual ou en ledge,  Ce que l'on appréciera donc particulièrement dans cette part, c'est qu'elle donne à voir un skateur qui est le fruit de son environnement, qui s'y est adapté pour proposer un skate vraiment personnel, le genre de skateur qu'on reconnait immédiatement dans un montage parce qu'il à son style et un choix de spots qui lui est propre.

Le calendrier de l'Avent #9 : Steve Brandi dans la "Static V"

ollie jusqu'à la 9e place, à Meulin, c'est joli Meulin à cette époque de l'année, tiens.

C'est avec plus de tonus et de bonne humeur que Charlie et Lulu lors d'un Hit Machine que nous vous présentons le #9 de notre la calendrier de l'Avent de 2014 : issue du dernier opus de la série de vidéos Static de Josh Stewart, la part de Steve Brandi.

Tout comme la boisson alcoolisée qui est son homophone, Brandi réchauffe le cœur, fait  du bien à l'âme et rend la solitude nocturne agréable, voire préférable. La voix a cappella de Marvin Gaye nous enveloppe et nous drape de la cape magique de l'underground pour nous enfoncer dans les bas fonds new-yorkais.

Jadis un techos floridien, désormais transfuge new-yorkais chez la marque Hopps,  Steve fait part de plus de retenue lors de cette part que part le passé. Des tricks simples, puissants élégamment réalisés, un port de tête qui suscite l'émoi chez nos journalistes les plus sensibles au charme masculin.Comme un bon whisky vieilli en fût de chêne, Steve revient aux essentiels, au basiques dans cette part. En somme un skate d'adulte.

Steve et ses sauces en Floride, jadis

Nous sommes dans l'incapacité de vous fournir la part, pour des raisons de doigts d'auteur qui sont trop boudinés, cependant nous vous enjoignons à regarder cette part. Nous soulignerons tout de même, au milieu d'une ligne à la sobriété d'un cardigan Fred Perry, ce switch hardflip en flat, figure anachronique, presque hors de propos, comme une piqûre de rappel pour nous dire que Steve en a encore sous le capot.


Contrairement à ce que laisse entendre l'intro, ceci n'est pas une full part de tennis, mais sa vidéo d'intro chez Hopps

Le calendrier de l'Avent #10 : Sylvain Tognelli dans "Café Clope"


C'est avec une fierté patriotique frisant le nationalisme que nous présentons la part de Sylvain Tognelli dans la Café Clope de Nozebone en #10. Outre une silhouette d'une ressemblance déconcertante avec celle de Rodney Mullen, nous retiendrons chez Sylvain une capacité à faire apparaitre dans une même part, voire une même line, aussi bien des tricks hautement hesh tel le back disaster sur la courbe DIY que des tricks nécessitant un doigté particulièrement affuté pour être effectué avec élégance, comme seuls les poètes urbains torturés de Isle savant le faire.

parlons d'originalité...

Un personal favorite de la rédaction, Sylvain trouve cependant sa place au bas du classement, car sa part ne brille pas autant que les précédentes. En effet, accompagné tour à tour par les très mélancoliques Mazzy Star dans la Blueprint ou le toujours sexy David Bowie dans la Eleventh Hour, il avait presque donné envie à nos journalistes de déménager dans son Jura natal dans ses parts antérieures. Cette fois-ci, moins d'émoi donc, mais toujours une affection particulière pour son style au dos vouté, comme s'il portait à lui seul le taux de chômage du Jura sur ses épaules. Enfin, ce que l'on retiendra peut-être plus que tout, c'est sa capacité à exécuter des manœuvres qui sortent vraiment de l'ordinaire. On ne parle pas ici de wallies et autres no-complys qu'il semble si original de mettre à toutes les sauces ces temps-ci, mais d'étranges moves tels que le switch hurricane, le grind revert back (avec le revert comme si c'était une sortie de bs nose grind revert back) sur le low to high aussi vouté que son dos et une prédilection pour les trop souvent délaissés varial flips.


Le calendrier de l'Avent # 11 : Zered Bassett dans "Outliers"

Décembre est généralement le mois où le très réputé et libéral Time Magazine publie son classement des plus grands hommes de l'année. Au vu du peu de chance de retrouver le bien-portant Bobby Worrest dans un de ces classements, notre bonne vieille rédaction a jugé nécessaire de se lancer dans le business du classement pour pouvoir rétablir ce tort.
 


Premier opus et #11 de ce classement : le tout-terrain et all-around-dégarni Zered Bassett. Un premier choix volontairement très mainstream puisque sa part est issue de la vidéo Transworld Outliers. Pour nos ventripotents journalistes, un tel choix relève de la prise de position idéologique. En effet, ce qui est apprécié chez Doc Z, ce sont les paradoxes qui l'animent. Membre actif du team Red Bull, il n'est pas le dernier pour apparaître dans des clips à la légitimité douteuse ou dans l'émission de TV réalité Sheckler's Sessions.



Cependant, comme cette part le démontre, il n'est pas non plus le dernier pour sortir des parts filmées  à 95% sur les spots craquelés de la East Coast. Zered propose tour à tour de violents hammers sur des spots new-yorkais sur-médiatisés et des moments du pure poésie dans d'obscures allées où Carrie Bradshaw et ses comparses de Sex & the city font pipi en sortant de night-clubs branchés la nuit. Une autre dimension appréciée chez ce natif du Massachusetts, c'est qu'a contrario d'autres légendes de la East Coast telles Anthony Pappalardo, Bobby Puleo, ou même Joey Pepper ces jours-ci, il n'utilise pas ses origines est-américaines pour nous sabrer les couilles avec des discours sur la difficulté de skater out there ni pour justifier son incapacité à produire plus de 15 secondes de skate filmé par an. En somme, c'est à la candeur de cet attachant individu boosté à la taurine que nous levons notre bob fleuri en cette fin d'année.

Faute de présence internet, nous somme dans l'impossibilité de poster la dite part, vous devrez simplement vous contenter de ce remix Quartersnacks qui remet bien les pendules à l'heure tout de même. Nostra culpa.