ollie jusqu'à la 9e place, à Meulin, c'est joli Meulin à cette époque de l'année, tiens.
C'est avec plus de tonus et de bonne humeur que Charlie et Lulu lors d'un Hit Machine que nous vous présentons le #9 de notre la calendrier de l'Avent de 2014 : issue du dernier opus de la série de vidéos Static de Josh Stewart, la part de Steve Brandi.
Tout comme la boisson alcoolisée qui est son homophone, Brandi réchauffe le cœur, fait du bien à l'âme et rend la solitude nocturne agréable, voire préférable. La voix a cappella de Marvin Gaye nous enveloppe et nous drape de la cape magique de l'underground pour nous enfoncer dans les bas fonds new-yorkais.
Jadis un techos floridien, désormais transfuge new-yorkais chez la marque Hopps, Steve fait part de plus de retenue lors de cette part que part le passé. Des tricks simples, puissants élégamment réalisés, un port de tête qui suscite l'émoi chez nos journalistes les plus sensibles au charme masculin.Comme un bon whisky vieilli en fût de chêne, Steve revient aux essentiels, au basiques dans cette part. En somme un skate d'adulte.
Steve et ses sauces en Floride, jadis
Nous sommes dans l'incapacité de vous fournir la part, pour des raisons de doigts d'auteur qui sont trop boudinés, cependant nous vous enjoignons à regarder cette part. Nous soulignerons tout de même, au milieu d'une ligne à la sobriété d'un cardigan Fred Perry, ce switch hardflip en flat, figure anachronique, presque hors de propos, comme une piqûre de rappel pour nous dire que Steve en a encore sous le capot.
Contrairement à ce que laisse entendre l'intro, ceci n'est pas une full part de tennis, mais sa vidéo d'intro chez Hopps
C'est avec une fierté patriotique frisant le nationalisme que nous présentons la part de Sylvain Tognelli dans la Café Clope de Nozebone en #10. Outre une silhouette d'une ressemblance déconcertante avec celle de Rodney Mullen, nous retiendrons chez Sylvain une capacité à faire apparaitre dans une même part, voire une même line, aussi bien des tricks hautement hesh tel le back disaster sur la courbe DIY que des tricks nécessitant un doigté particulièrement affuté pour être effectué avec élégance, comme seuls les poètes urbains torturés de Isle savant le faire.
parlons d'originalité...
Un personal favorite de la rédaction, Sylvain trouve cependant sa place au bas du classement, car sa part ne brille pas autant que les précédentes. En effet, accompagné tour à tour par les très mélancoliques Mazzy Star dans la Blueprint ou le toujours sexy David Bowie dans la Eleventh Hour, il avait presque donné envie à nos journalistes de déménager dans son Jura natal dans ses parts antérieures. Cette fois-ci, moins d'émoi donc, mais toujours une affection particulière pour son style au dos vouté, comme s'il portait à lui seul le taux de chômage du Jura sur ses épaules. Enfin, ce que l'on retiendra peut-être plus que tout, c'est sa capacité à exécuter des manœuvres qui sortent vraiment de l'ordinaire. On ne parle pas ici de wallies et autres no-complys qu'il semble si original de mettre à toutes les sauces ces temps-ci, mais d'étranges moves tels que le switch hurricane, le grind revert back (avec le revert comme si c'était une sortie de bs nose grind revert back) sur le low to high aussi vouté que son dos et une prédilection pour les trop souvent délaissés varial flips.
Décembre est généralement le mois où le très réputé et libéral Time Magazine publie son classement des plus grands hommes de l'année. Au vu du peu de chance de retrouver le bien-portant Bobby Worrest dans un de ces classements, notre bonne vieille rédaction a jugé nécessaire de se lancer dans le business du classement pour pouvoir rétablir ce tort.
Premier opus et #11 de ce classement : le tout-terrain et all-around-dégarni Zered Bassett. Un premier choix volontairement très mainstream puisque sa part est issue de la vidéo Transworld Outliers. Pour nos ventripotents journalistes, un tel choix relève de la prise de position idéologique. En effet, ce qui est apprécié chez Doc Z, ce sont les paradoxes qui l'animent. Membre actif du team Red Bull, il n'est pas le dernier pour apparaître dans des clips à la légitimité douteuse ou dans l'émission de TV réalité Sheckler's Sessions.
Cependant, comme cette part le démontre, il n'est pas non plus le dernier pour sortir des parts filmées à 95% sur les spots craquelés de la East Coast. Zered propose tour à tour de violents hammers sur des spots new-yorkais sur-médiatisés et des moments du pure poésie dans d'obscures allées où Carrie Bradshaw et ses comparses de Sex & the city font pipi en sortant de night-clubs branchés la nuit. Une autre dimension appréciée chez ce natif du Massachusetts, c'est qu'a contrario d'autres légendes de la East Coast telles Anthony Pappalardo, Bobby Puleo, ou même Joey Pepper ces jours-ci, il n'utilise pas ses origines est-américaines pour nous sabrer les couilles avec des discours sur la difficulté de skater out there ni pour justifier son incapacité à produire plus de 15 secondes de skate filmé par an. En somme, c'est à la candeur de cet attachant individu boosté à la taurine que nous levons notre bob fleuri en cette fin d'année.
Faute de présence internet, nous somme dans l'impossibilité de poster la dite part, vous devrez simplement vous contenter de ce remix Quartersnacks qui remet bien les pendules à l'heure tout de même. Nostra culpa.
Gino Iannucci : "Je voudrais m'excuser auprès de la communauté du skateboard, je ne pensais pas qu'une blague aussi inoffensive allait prendre de telles proportions au point que tous les skateurs aillent se mettre à porter un bob."
Alors que le France se remet encore difficilement du canular stupide et coup de génie médiatique de Nicolas Bedos pour la sortie fictive de son livre Les serments indiscrets au sujet tout aussi fictif de sa relation avec Valérie Triewieler, c'est au tour de Gino Iannucci de s'expliquer sur une mauvaise blague qui a pris d'invraisemblables proportions et qui s'est propagée viralement à travers la skatosphère. Retour sur un trait d'humour qui vire au cauchemar.
2012
Gino Iannucci est absent depuis plusieurs années de la presse skateboardistique. Parallèlement, sur les forums de skate, les posts concernant Gino se multiplient : spéculations sur sa prochaine part, déclarations d'amour à ses anciennes parts, déclarations de haine à sa présente feignantise et geingnardise. La skatosphère est en ébullition et réclame sa production ginesque quinquennale.
Fin de l'année, pour marquer le coup de la sortie de la Nike Team Edition, Nike présente le dit soulier accompagné d'une séquence de Gino. Retour en grande(s) pompe(s) pour l'italo-américain avec un combo jamais vu sur un spot qui fait honneur à ses ancêtres, la gare de Milan. Oui, mais voilà, un détail choque l'opinion public : Gino apparaît coiffé d'un bob.
Dope steezy banger out of the blue
2013
La skatosphère s'emballe et les people ne tardent pas en endosser, ou plutôt entêter le fameux et très controversé couvre-chef. Aujourd'hui et malgré cet aspect informe, le bob semble faire l'unanimité auprès des stars mainstream comme des individus à l'avant-garde de l'underground. Au niveau mercantile, Hélas, Palace, Magenta, mais aussi Nike ont hélas profité de cette aubaine marketing et se sont lancés à l'assaut du marché du couvre chef qui n'avait ni devant, ni derrière, ni avenir..
Dansez marionnettes, dansez !
Le couvre-chef est rapidement repris par la communauté hipster, qui n'est pas la dernière lorsqu'il s'agit de se parer d'accessoires qui donnent l'air un peu plus cons qu'on l'est déjà.
2014
Oui, mais voilà, ces jours-ci une vidéo vient de paraître au cours de laquelle Gino s'explique sur les dessous du shooting de cette fameuse pub Nike :
Pour les non-anglophiles, et ceux qui ont autre chose à faire, nous nous efforcerons de retranscrire le plus fidèlement les propos du sieur :
"Ouais, en fait on était un peu bourré la veille, j'avais taquiné le Lambrusco sévère et en sortant du resto, Reda à trouver un bob dégueulasse dans une rigole et l'a gardé. Comme on ramassait sévère le lendemain, on est allé chiller à la gare de Milan et j'ai mis le bob pour déconner un peu, je faisais une imitation de Jean-Claude Duss. Bref, une chose en amenant une autre, je fais un banger sur-steezy avec le bob et on se dit que ça serait pas mal d'en faire une pub pour rigoler, à la Enjoi quoi, histoire de décoincer les skateurs trop sérieux et obnubilés par leur apparence.
Sauf que tout est rapidement devenu hors de contrôle et tout le monde s'est mis à porter des bobs. Des petits, des larges, des avec ficelles. C'est vraiment devenu n'importe quoi, nous avons vraiment commencé à nous inquiéter. On avait pas prédit que les skatos ne comprendraient pas le second degré... Je voudrais présenter mes excuses à tous les skateurs victimes de ce canular et à tout le team Palace."
Des propos qui se passent de commentaires au vu des terribles conséquences de son acte. D'autant plus que Gino n'en est pas à son premier canular qui tourne au vinaigre. Rappelez vous en 2003, la Yeah Right ! sortait avec une superbe part de Gino au cours de laquelle il surprenait tout le monde avec un 3-6 shove it à Flushing Meadows, NY.
3-6 shove it, ou comment la mode de la pâte à pizza commença
Une farce qui, elle aussi, dégénéra pour le pire. Petits et grands se mirent à balancer des 3-6 shove its, et les planches se mirent à tournoyer sur les spots plus rapidement que des pâtes à pizza sur les doigts de pizzaïolos avertis. Un phénomène particulièrement perceptible en France, qui donna lieu à des dérives dangereuses qui inquietèrent les intellectuels du skate. Des images terribles.
A l'heure où les circuits de compétition Street League et Mountain Dew semblent être devenus les institutions de référence pour représenter le skate auprès du grand public, nombreux sont les skaters qui ont décidé de revenir aux racines du skate en choisissant une pratique underground. Au cours des dernières années, ont fleuri ça et là des marques mettant l'accent sur la nature indépendante et quasi-artisanale de leurs techniques de travail ou leur éthique : Polar, Magenta, Palace, Politic, ou plus anciennement Trauma etc. Des graphismes originaux, des skateurs créatifs sortant du traditionnel format hammer ; l'idée était de proposer une alternative aux marques de skate mettant en avant une pratique coupée du quotidien des skaters lambda souvent composé, il faut bien le reconnaître, de sessions sur des micro-curbs devant la supérette.
A y réfléchir, il semble que la culture populaire ait amorcé le même virage que l'industrie du skate.
Prenons l'illustre pop-star virtuelle René la Taupe, par exemple. Avec des centaines de milliers de disques vendus, sous ses airs de farceur et bon vivant, il semble bien inoffensif et destiné en premier lieu à un public d'enfants. Bien heureux les simples d'esprit. En réalité, René la Taupe est à la culture populaire ce que Pontus Alv et Shawn Powers sont au skateboard : une alternative. En effet, son ventripotent physique et sa bonhommie omniprésente sont une réponse aux modèles des pop-stars hyper-sexualisées à la plastique parfaite. Symbole de la révolution underground, René la Taupe permet à l'auditeur moyen, las des bêlements lascifs des Britney Spears et autres Ke$ha, de retrouver un sentiment de proximité avec l'artiste-interprète qu'il écoute.
Par ailleurs, il est évident que ce rapprochement a influencé les vidéastes de skate underground. En effet, comment ne pas voir dans cette section de la vidéo Tengu, réalisée par Colin Read, un clin d’œil subtil à l’œuvre de René la Taupe. Tels les mammifères fouisseurs nocturnes que sont les taupes, les skate-protagonistes de ce clip évoluent de nuit dans des galeries souterraines et proposent un skate sortant des sentiers battus. Clou du spectacle, le ollie de Connor Kammerer par-dessus la ligne de métro est une métaphore à prendre littéralement : au péril de sa vie, il nous incite à franchir cette ligne pour, nous aussi, nous engager dans une pratique du skate alternative.
Les journalistes de notre bonne vieille rédaction ne sont pas avares lorsqu'il est question d'underground. En effet, l'un de nos reporters les plus engagés a d'ailleurs affirmé avoir inventé le skate underground. Après maintes railleries, il nous a scientifiquement prouvé, photographie à l'appui, qu'il était l'inventeur d'une des manœuvres phares du chef de file des powerslides alambiqués, Léo Valls.
Des images choc, qui laissent inévitablement une ombre au tableau du skateboard underground.
one foot bs nose blunt powerslide (post 2010)
one foot bs nose bluntpower slide full speed 10 ans avant la popularisation de cette manœuvre
Pour ceux qui douteraient de l'authenticité de cette preuve photographique indéniable, il suffit de se pencher sur les DVS Sean Sheffey portées par le sujet, alors âgé de 11 ans, pour pouvoir dater la photographie sans hésitation.
Dans un souci de faire face au déclin de la presse écrite, la rédaction de La Lodge a décidé de sortir un numéro spécial été pour plaire à la ménagère de moins de 50 ans avide d'exotisme. Dans ce numéro, destination de choix, de rêve, de fiesta, c'est à Barcelone que nous avons envoyé notre reporter sans frontières. Capitale mondiale du skate où les crews des quatre coins du globe se retrouvent, Barcelone est aussi connue comme la ville qui permet l'accès à la célébrité instantanée pour le skater lambda qui peut se mesurer à ses pros préférés en s'attaquant aux mêmes spots qu'eux.
Exemple des ravages de la course à la skate-glory
C'est donc dans cette optique que nous avons catapulté notre envoyé spécial en stage techitude à MACBA. Au cours d'une enquête digne de Capital, l'histoire des sourcils en moins, nous allons vous révéler comment l'Espagne, un pays pourtant noble qui sait rafraîchir ses habitants à bas prix, maintient son peuple dans la dépression et le confine à l'anonymat skateboardistique le plus cruel.
Notre envoyé spécial a su se fondre dans le décor
En effet, les sessions de notre envoyé spécial à MACBA ont révélé un monde sans pitié où aucun ne peut échapper au gouffre de l'anonymat. Fort de ses sessions sur son spot local où son benihana par dessus la fun-box centrale fait mouche à chaque fois, notre reporter s'est heurté à un monde sans pitié où il semble que l'unique trick de flat autorisé soit le 3-6 flip. Ce trick est à rentrer obligatoirement de manière autoritaire, la jambe arrière tendue à l'horizontale et gare à celui qui affichera une mine réjouie de sa prouesse. Non, chers lecteurs, le 3-6 flip à MACBA se replaque en soufflant d'insatisfaction face à l'évidente imperfection de son trick poppé à 50 cm de haut et recatché avant même la phase descendante. Une expérience douloureuse pour notre courageux reporter pour qui la coutume était jusque-là de replaquer ses 3-6 flips en hang ten.
Découpe de la replaque d'un 3-6 flip de notre envoyé spécial, devenu la cible de quolibets le temps d'une session
La confrontation avec les locaux fut une rude épreuve également. Le skateur catalan arbore par nature un air patibulaire lié à son aversion pour l'envahissement progressif, mais certain, de ses spots. Sa meilleure façon de vous le faire savoir sera de faire le trick que vous venez de faire, mais plus long, plus rapide, avec un flip in, un flip out, le tout en vous regardant dans les yeux sans ciller (et to fakie aussi). Une autre population non-négligeable sur les spots sont les techos brésiliens pour qui la pratique du skate semble être un vrai calvaire, au vu de pourcentage de tirage-de-gueule par m². Pour témoigner de leur engagement et du sérieux de leur lutte, la majorité d'entre eux sont affublés d'un vêtement aux motifs camo aux subtiles connotations hip-hop et guerrières, le tout dans des tons très urbains.
Désillusion et stupeur furent au rendez-vous pour notre reporter qui pensait trouver des amitiés inoxydables lors de ces sessions. Ses sourires amicaux et mutins en quête d'un partenaire de session restaient sans réponse, sa main levée dans les airs pour un high five de célébration fut dédaignée à maintes reprises. Perdu dans un tourbillon de tricks, impossible pour lui de trouver ses repères. Dérouté, esseulé, il dût lutter pour se faire une place au sein du rythme effréné et sans pitié des sessions à MACBA au cours desquelles toute personne osant tenter un trick différent des autres ne tarde pas à recevoir une canette de Xibeca à la fraîcheur douteuse sur le crâne.
Exemple d'une session à Barcelone : la tyrannie
de la conformité réduit les masses au skatesclavage
Monde corrosif et sans pitié, MACBA laisse peut de place pour ceux qui cherchent à briller. Noyé dans un tourbillon d'excellence, le skateur ne peut plus se démarquer des autres. Seul le recours à l'hypertech permet quelques secondes de postérité au prix d'efforts démesurés. En bon élève, notre reporter a payé son NBD, mais à peine fut-il replaqué qu'aussitôt oublié. Le footage dont nous allons vous faire part démontre l’absence d'acclamations ou de high fives en tout genre de la part de ses pairs. Non, telle une étoile filante, notre reporter a cessé d'exister aux yeux des locaux à peine son trick replaqué. Des images terribles.
Les NBDs à MACBA n'attirent plus aucune attention dans un monde régi par les lois de la compétitivité.
Puisque, comme l'avaient dit ces bons à rien chevelus de la contre-culture, "le personnel est politique", cela n'était donc qu'une question de temps avant que le skateboard, après avoir conquis avec succès les marchés de la mode et de la musique, se lance à l'assaut de la politique. Un véritable reclus de la société, le skater est généralement tenu à l'écart des hautes sphères de la politique. Cependant, il n'en est pas un moins un activiste chevronné qui aime passer à l'action sur fond de théories du complot séduisantes et gros blunts épicés. Précurseurs dans ce domaine, voilà bientôt une décennie que les fameux WE Activists se battent pour un monde meilleur où tout le monde aurait des Ray Bans et un argentique.
Manifestation ultra-violente des WE Activists, menée par Chris "el Ché" Pastras,
suite au scandale des chemises silm-fit mal taillées.
Plus récemment, à l'autre bout de la planète, ce sont les japonais du Far East Skate Network qui se sont lancés à l'assaut de la politique avec un sujet d'actualité brûlant : les bombardements du Japon de 1945 par les Américains.
Alors que les moins perspicaces d'entre vous ne voient là qu'un acte héroïque à travers cette dénonciation qu'aucun n'avait osé abordé jusque là, les rédacteurs de la Lodge ont décidé de creuser l'affaire et se sont vite aperçus qu'elle reposait sur un nébuleux complot qui tiendrait éveillé des jours durant tout skateur amateur de la littérature de Dieudonné et autres Illuminatis. En effet, ce clip brouille les pistes à plus d'un titre. La musique symphonique grandiose associée au T-shirt "proud to be a Japanese" nous donne l'illusion que ce clip a pour but de redonner à l'empire Japonais ses lettres de noblesse en tant que terre où il fait bon powerslider les yeux fermés.
Cependant, ceux d'entre vous qui auront déjoué le complot auront bien compris que ce clip n'a pour but réel que la promotion de la nouvelle ligne de vêtement engagée de LIBE brand, intitulée "1945". Un rapide coup d’œil au site de la marque vous permettra de vous rendre compte que cette ligne est constituée exclusivement de pièces typiquement américaines (voir ci-dessous) sur lesquelles ont été brodés les logos de la marque. LIBE introduit donc en douce tout ces produits américains jusque-là absents du marché japonais : blousons de baseball, sweats à capuche, pantalons Dickies, etc. Un simple changement d'étiquette, et zou, la ménagère japonaise achète américain tout en croyant augmenter le PIB de son pays. Instrumentalisation par le Pentagone ou pots-de-vin de Washington, toujours est-t-il que le Réseau Skate de l'Extrême-Orient est une fois de plus mis au service de l'oncle Sam.
blouson de baseball nipponisé
Ceux d'entre vous qui s'insurgent contre ces techniques abjectes et maudissent déjà l'Amérique devraient cependant garder à l'esprit que la propagande vient toujours là où l'on l'attend le moins, et mieux vaut se tenir sur ses gardes. Par exemple, regardez et contextualisez cette pub :
Wall-ride bien sous tout rapport
Au premier abord, nous avons une pub bien sous tout rapport. Un bon trust à l'américaine qui manufacture planches, roues, vêtements, roulements, chaussures, vis, bagagerie, sponsorise la crème de la crème et se vend dans les grandes surfaces. Le skateur, un jeune homme sponsorisé par DC, autre marque bien sous tout rapport. Mais ouvrez bien vos yeux et vous verrez l’innommable apparaître :
Propagande gauchiste en plein hammer
Nom d'un skate-tool ! Ce sont bien des affiches de propagande gauchiste qui sont placardées sur ce spot. Et le trick ? Un wall-ride ? Bien sûr, comment ne pas voir là autre chose que la nostalgie des années du Rideau de Fer (le Berlin Wall) qui séparait les gens biens des mauvais. Le skateur ? Un chevelu, un hippie ! Professionnel en plus ! Payer à s'amuser ! Element, sous couvert du capitalisme, s'efforce donc de faire passer des messages communistes et tente de démobiliser le travailleur en le convaincant qu'il pourra un jour gagner sa vie en s'amusant sur sa planche. Et que dire des camps de skate Element au cours desquels de jeunes skateurs innocents se font bourrer le crâne de légendes sur le soi-disant réchauffement climatique et la nécessité d'économiser les matières premières ?
Face à ce constat accablant, nos chers journalistes, devenus activistes le temps d'un café, ont décidé de prendre les armes. C'est donc dans un effort de solidarité que toute la rédaction de la Lodge se joint à ce message dans l'espérance de faire changer les choses : pour l'amour du CAC 40, chères marques de skate, laissez nos jeunes skateurs en paix, qu'ils puissent se forger eux-même leur conscience politique en partageant un bong d'épices orientales, regardant des vidéos de Dieudo et en achetant des bobs fleuris pour le prix d'une semaine de vacances.